- Lexique fluvial et Batelier -

 

Nous vous proposons ici un petit lexique sans prétention sur les termes les plus utilisés.
En majeur partie extrait du site de Charles Berg - Histoire & Patrimoine des Rivières & Canaux

 

Amarre : corde munie d'une large boucle à chaque extrémité, utilisée pour sécuriser le bateau dans les écluses, et l'attacher à la terre ferme lors d'une escale. "Bout" est maritime et donc impropre.

Amont : par rapport à l'observateur, partie de la rivière ou du canal comprise entre lui et la source ou le point le plus haut du canal . Si l'on regarde une rivière qui coule de gauche à droite, l'amont est à gauche. Moyen mnémotechnique : amont renvoie à montagne, donc est en haut.

Ancre : organe mobile destiné à freiner le bateau, jusqu'à son arrêt total. L'ancre se jette par dessus bord ou se descend au moyen d'un treuil, et elle est reliée au bateau par une chaîne. Sa présence est obligatoire à bord, mais son usage n'est autorisé qu'en rivière : en canal, l'ancre dégraderait la couche d'argile ou de béton qui tapisse le fond de la cuvette.

Arronçoir : sur les anciens bateaux de la Loire (toues, chalands) et de la Seine (marnois principalement, mais aussi parfois foncets et besognes), planche de bois dur, dont le bord inférieur est taillé en forme de crémaillère, et placée sur les côtés du bateau à l'avant et à l'arrière, souvent en plusieurs exemplaires en autant de niveaux. Lorsque le marinier, placé à l'avant du bateau, voit celui-ci se diriger vers un haut-fond ou un rocher dangereux, il pointe son bâton de marine vers cet obstacle, et cale l'autre extrémité, celle par laquelle il tient le bâton, dans les dents de l'arronçoir. Ceci a pour effet de déporter violemment le bateau sur le côté, évitant ainsi l'obstacle. Plus d'un marinier a laissé un ou plusieurs doigts dans les arronçoirs en pratiquant cette technique nommée "bournayage". On voit parfois aussi le terme "rançoir".

Aval : par rapport à l'observateur, partie de la rivière ou du canal comprise entre lui et l'embouchure ou le point le plus bas du canal. Si l'on regarde une rivière qui coule de gauche à droite, l'aval est à droite. Moyen mnémotechnique : aval renvoie à vallée, donc est en bas.

Avalant : bateau qui descend le canal ou la rivière (il s'éloigne de la source ou du bief de partage). À taille égale, l'avalant est prioritaire.On dit aussi que le bateau "baisse". On parle aussi d'"écluse avalante". Il s'agit simplement d'une écluse ordinaire que l'on franchit dans le sens descendant.

Bâbord, tribord : gauche et droite, en parlant exclusivement du bateau (maritime mais toléré en fluvial). Pour la rivière ou le canal, on emploie les termes de gauche et droite, pour désigner les rives par exemple.

Bollard, boulard, bitte : organes d'amarrage cylindriques ou en forme de champignon, sur le quai ou le bateau. Pour désigner l'organe à quai, le marinier emploie volontiers le terme "pieu". 

Bordaille : flanc du bateau.

Bourde : sur la Loire : perche ferrée servant à manoeuvrer en prenant appui sur le fond. Souvent en châtaignier.

Bournayage ou bournoyage : sur les anciens bateaux de rivière, en particulier sur la Loire, technique particulièrement violente et dangereuse d'évitement des obstacles par usage du bâton de marine et des arronçoirs.

Busc : marche en maçonnerie, formant un angle pointé vers l'amont, contre laquelle s'appuie la base de la porte d'écluse fermée qui est dite alors "porte busquée".

Culer : reculer. On dit aussi "faire de l'arrière".

Gaffe : bâton de marine, muni d'un crochet à son extrémité, et servant à divers usages. Indispensable.

Gibasse : sur les anciens bateaux de Loire, bordés supplémentaires de renfort placés en surépaisseur aux endroits les plus vulnérables du bateau, c'est à dire à l'avant et à l'arrière, sur les côtés. Par la suite, les gibasses sont devenues des renforts sur toute la partie inférieure des bordailles. Généralement employé au pluriel.

Grève : Terrain plat (formé de sables, graviers), situé au bord de la mer ou d'un cours d'eau.*

Port : infrastructure plus ou moins élaborée destinée à permettre l'entrepôt, le chargement et le déchargement de marchandises du bateau à terre et inversement. Un port peut être une simple rive sommairement aménagée. Le mot n'est pas d'origine purement nautique, il désigne à l'origine un lieu où sont stockées les marchandises avant d'être expédiées : cf "Saint-Nicolas du Port" à Clermont-Ferrand qui est éloigné de plusieurs kilomètres de la plus proche voie d'eau, l'Allier.

Quai : Levée de terre, ordinairement soutenue par un mur de maçonnerie, qui est faite le long d'un cours d'eau, d'un canal. Ouvrage d'accostage d'un port, constitué par un mur de soutènement et une chaussée aménagée au bord de l'eau.*

Quai à gradins : infrastructure portuaire que l'on rencontre sur certaines rivières, et permettant aux bateaux à levée avant d'accoster frontalement pour le chargement et le déchargement des marchandises, ceci quelque soit le niveau de la rivière. Cette disposition permet à un grand nombre de bateaux d'occuper ainsi un minimum de linéaire, et favorise la rotation des bateaux et des marchandises. Le quai à gradins se présente comme un long glacis maçonné (autour de 100 mètres), formant une pente d'environ 30 degrés en une quinzaine de mètres. Cette pente est entrecoupée tous les deux mètres environ de paliers peu marqués, d'où le nom de "quai à gradins". Ces très belles structures se trouvent essentiellement sur la Saône, dont elles forment un patrimoine remarquable (Auxonne, Saint-Jean-de-Losne, Tournus...), et sur quelques autres rivières comme la Sèvre Niortaise.

Radier du busc : courte plate-forme située derrière le busc de la porte amont. Il faut s'en tenir à bonne distance lorsque l'on est avalant avec un grand bateau. Synonyme : seuil.

Levée : forme typiquement fluviale appliquée à l'avant, et souvent aussi à l'arrière, des anciens bateaux fluviaux. La levée consiste en un prolongement de la sole, avec une courbure vers le haut, jusqu'à l'extrèmité du bateau, très largement au-dessus de l'eau. Très souvent, la courbure s'accompagne d'un rétrécissement en largeur, de façon à donner en plan une forme ogivale, souvent tronquée, mais pas toujours. La levée permet au bateau d'aborder frontalement une berge ou un quai en pente, et de s'y échouer en partie, afin de charger ou décharger le fret par l'avant. Cette forme très ancienne tend à revenir sur les barges modernes.

Sole : fond plat des bateaux fluviaux. Ce n'est pas une commodité de construction, mais une nécessité : le bateau de transport fluvial doit pouvoir passer partout, sans heurter le fond de la rivière ou du canal, tout en portant un maximum de fret, contrainte qu'ignore le bateau de mer.

Tangage : balancement du bateau d'avant en arrière. Courant en mer, le tangage peut se rencontrer en fluvial dans certaines conditions, comme notamment lorsqu'un bateau vide remonte une rivière à fort courant comme le Rhône.

Taquet : sur un bateau de plaisance, petit organe servant à y passer et/ou attacher les amarres. Équivalent léger du bollard de la péniche.

Tirant d'air : différence de hauteur entre la ligne de flottaison et le point le plus haut du bateau. Ne pas confondre avec "hauteur libre" qui s'applique aux ouvrages. Mentionné "TA" sur les guides.

Tirant d'eau : différence de hauteur entre la ligne de flottaison et le point le plus bas du bateau. Ne pas confondre avec "mouillage" qui s'applique à la voie d'eau. Mentionné "TE" sur les guides. Synonyme : enfoncement.

Toue : bateau de travail sur la Loire, à différents usages et notamment pêche.

 

 

 * Définition du dictionnaire "Le Petit Robert"