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Achat de bateau : les erreurs à éviter absolument

    Vous avez déjà eu cette envie soudaine, en plein été, d’envoyer valser l’agenda, de sauter dans un bateau et de filer à l’horizon ? C’est grisant. Mais avant de rêver grand large, gardez à l’esprit qu’un achat aussi engageant qu’un bateau mérite un brin de lucidité. Il ne s’agit pas simplement de céder au charme d’une coque bien lustrée. Une décision trop hâtive pourrait vite faire chavirer votre projet. Alors, autant lever les voiles avec méthode. Voici quelques erreurs que vous avez tout intérêt à éviter.

    Négliger l’analyse de vos besoins réels

    Vous visualisez déjà les couchers de soleil sur le pont ? Mais avez-vous vraiment posé vos attentes noir sur blanc ? Bien entendu, un petit bateau de pêche n’a pas la même allure ni la même organisation qu’un voilier de croisière ou un semi-rigide de plaisance. Et si vous êtes débutant, inutile de viser un monocoque de 12 mètres. Soyez honnête avec vous-même. À quoi va servir ce bateau ? Combien de personnes embarqueront ? À quelle fréquence ? Autant de questions à trancher avant même de fixer un budget.

    Un bateau à vendre s’observe, se questionne, s’imagine dans votre quotidien. Si vous rêvez simplement de naviguer en famille le long des côtes, un modèle fait pour les régates ne sera bien évidemment d’aucune utilité. Et avez-vous pensé à la taille de votre port d’attache ? À la rampe de mise à l’eau ainsi qu’à la profondeur du chenal à marée basse ? Ces détails logistiques peuvent tout bonnement rendre l’usage de votre futur navire quelque peu délicat. Soyez donc stratégique plutôt que d’être impatient.

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    Sous-estimer le budget global de l’achat du bateau

    Lorsque vous fixez les yeux sur une belle annonce à 35 000 euros, c’est tentant de croire que l’affaire est bouclée. Pourtant, ce chiffre n’est que la partie émergée de l’iceberg. Entre l’entretien annuel, les réparations imprévues, les frais de port et les équipements optionnels — mais indispensables — la facture grimpe vite. Et ce, même pour un modèle modeste.

    À cela s’ajoutent les frais annexes souvent escamotés dans l’excitation : assurance, immatriculation, formation à la navigation, gilets homologués et VHF. Prévoyez aussi une enveloppe de sécurité pour les fameux « petits ajustements » de départ. Hugues, de La Rochelle, en sait quelque chose. « J’étais tombé amoureux d’un modèle en photo, tout semblait parfait. Mais heureusement que j’ai pris un expert : le moteur était à moitié grippé et la coque avait pris un choc. »

    Acheter sans faire une inspection approfondie du bateau

    Sous le soleil, tout bateau brille. Mais entre le gelcoat éclatant et l’intérieur humide ou les câbles oxydés, il y a un monde. Trop d’acheteurs se fient au vernis et oublient de creuser. Vous seriez surpris de ce qu’un cockpit trop propre peut dissimuler. N’hésitez pas à inspecter la cale, les voiles, le moteur, les joints. Ouvrez, touchez, interrogez. L’enthousiasme n’exclut pas la vigilance. Surtout, ne sautez jamais l’étape de l’expertise. Faites appel à un professionnel indépendant. Il verra ce que vos yeux ignorent encore. Et tant que vous y êtes, exigez un essai en mer. Tester un bateau sur l’eau, c’est l’évidence même. Vous ne signeriez pas pour une voiture sans la conduire, alors pourquoi feriez-vous une exception ici ? Les sensations de navigation sont propres à chaque unité, et elles doivent coller à votre projet.